Quel peut être l'impact d'un plan social ou d'une restructuration sur la santé des employés ?

Carole Aubert Psy & Coach à Paris L'impact d'un plan social ou d'une restructuration

 

Quel peut être l'impact du plan social ou de la restructuration de mon entreprise sur l'état d'esprit ou de santé de mes collègues ? C'est une question que j'entends souvent. Et souvent, ceux qui osent en parler aussi directement sont ceux qui ne seront pas impactés ou pas les plus impactés. Ci-joint quelques éléments de réponse...

 

Quel peut être l'impact d'un plan social ou d'une restructuration dans mon entreprise sur l'état d'esprit ou de santé de mes collègues ?

 

L'impact d'un plan social ou d'une restructuration sur l'état d'esprit ou l'état de santé des personnes directement concernées ou se pensant concernées devrait être varié.

Si certaines personnes vont bien gérer l'insécurité ou l'anxiété créées, une grande partie d'entre elles devrait être impactée selon 4 niveaux :

 

1/ Certaines personnes vont devoir reconsidérer leur plan de carrière, s'ouvrir à de nouvelles opportunités, au sein ou hors de l'entreprise, être clairs et rassurés sur leurs points de force et leurs points d'amélioration. Le coaching professionnel pourra en effet les aider si elles n'arrivent pas à y voir clair seules.

 

2/ Mais le stress risque de créer chez certains des insomnies et troubles anxieux (attaques de panique, phobies, voire des TOC ou des troubles alimentaires). Le problème est que les troubles psychosomatiques ou anxieux ne seront pas forcément visibles au travail car considérés comme honteux. Le recours aux somnifères ou anxiolytiques peut temporairement faire illusion sur le lieu de travail voire au sein de la famille. Mais des 1ers arrêts maladies, mêmes courts, ou des absences lors de grosses présentations ou réunions doivent alerter. L'aide devient alors thérapeutique et doit dépasser le cadre du coaching professionnel pour être efficace. La plupart des coachs professionnels ne sont pas formés à soigner les troubles psychosomatiques ou les troubles anxieux.

 

3/ Pour les personnes historiquement très engagées dans l'entreprise, avec des idéaux forts, et ayant besoin d'une forte sécurité dans leur contexte de vie, notamment financière, il y a un risque de bascule en burn-out. Encore une fois, des arrêts maladies, plus longs, doivent alerter. Le fait que les personnes aient besoin de prouver leur engagement les soirs et les week-ends, de peur d'être déconsidérés, également. Des 1ères erreurs dans leur travail, jusque-là parfait, aussi. Il vaut mieux intervenir au plus tôt, avant le début de longs arrêts maladie répétés, quand la personne est encore dans l'entreprise. C'est le plus efficace. Car l'éloignement de l'entreprise va augmenter la peur, la culpabilité et la honte. Si ce n'est pas possible, il vaut mieux intervenir avant et après le retour en entreprise (2 semaines à 1 mois avant le retour d'arrêt maladie et 2 à 3 mois après).

 

4/ Enfin, certains burn-out masquent des dépressions. Le plan social coincide, sans que l'employeur, le médecin ou même le psychiatre le sache, avec d'autres accidents de vie (maladie ou deuil dans l'entourage, gros problèmes de couple ou de relation parent-enfant pouvant résonner avec des situations passées de l'enfance ou de l'entrée dans la vie active, démultiplication de troubles anxieux jusque là partiellement sous contrôle). La personne ne se focalise dans son discours que sur le plan social; elle ne comprend pas que ce qui se passe au travail n'est que la goutte d'eau qui fait déborder le vase. J'ai souvent le cas. Il faut alors gérer l'ensemble (vie pro+vie perso).

 

 

Comment détecter les personnes à risque ?

 

Au vu de ce que j'explique ci-dessus, il sera difficile pour un collègue, comme pour les équipes RH, d'anticiper l'impact du plan social sur leurs collègues car chaque personne est unique. Les plus "solides" en apparence pourront s'avérer les plus fragiles.

 

Pour repérer les personnes à risque en cas de plan social ou de restructuration, il faudra être sensible aux signes suivants :

- aux arrêts maladies inhabituels car nouveaux pour la personne, ou inhabituels car longs de plusieurs semaines ou répétés 

- aux personnes qui auront besoin de prouver leur engagement les soirs et les week-ends, de peur d'être déconsidérés 

- aux 1ères erreurs dans le travail, jusque-là parfait, de certains employés

- aux changements d'humeurs (peur, colère ou tristesse inhabituelles et répétées) 

- au recours à l'alcool comme échappatoire sur le lieu de travail ou en pause déjeuner (consommation individuelle, souvent cachée), ou encore à l'aide de certains médicaments qui peuvent malheureusement altérer l'état de veille, de concentration ou de réaction (apathie, lenteur de réaction)

 

Souvent, ce sont les collègues qui pourront détecter les risques, avant le manager ou les équipes RH, car les personnes auront honte ou peur que cette "fragilité" passagère soit mal perçue. Leur "masque" sera plus efficace devant leur hiérarchie ou les RH. Le conserver tout le temps devant des collègues ou amis de travail sera plus compliqué.

 

Cela signifie aussi que certaines personnes auront besoin d'une aide qui va aller au-delà du simple coaching pro, intégrant des approches psychothérapeutiques. Penser que l'on peut aider certains employés en excluant la sphère privée dans des périodes de travail compliquées (plan social, licenciement, recadrage...) est illusoire de mon point de vue.

 

Quel est le rythme habituel d'accompagnement ?

 

L'accompagnement n'est pas forcément aussi long que beaucoup de personnes le croient car les thérapies brèves ont beaucoup progressé dans leur protocole d'intervention :

 

Niveaux 1 & 2 - 5 à 10 séances

Niveaux 3 & 4 - 10 à 15 séances

 

Bien évidemment, il s'agit d'indications car le nombre de séances varie en fonction de chaque cas. Une personne souhaitant travailler sur des TOCs très invalidants ou ancrés depuis longtemps peut nécessiter plus de séances que 5 à 10 par exemple.

 

Il n'y a pas de règle de durée. Il faut être le plus flexible possible, entre 1h ou 2h selon les séances et le sujet des séances. De toute manière, dans certaines approches dont la mienne, même en thérapie, nous donnons des exercices aux patients entre les séances pour accélérer le processus de changement.

 


 

Est-ce mieux de consulter en entreprise ou à l'extérieur ?

 

Que ce soit en coaching ou en thérapie, le changement nécessite une prise de recul. Il est donc plus facile de consulter à l'extérieur de l'entreprise. Pour les cas compliqués, le cabinet du praticien est souvent considéré comme une bulle sécurisante, ce qui facilite l'expression. Personnellement, je ne consulte qu'en cabinet. 

 

 

Si vous souhaitez consulter en tant que particulier à ce sujet, n’hésitez pas à prendre RV.

Si en tant que représentant de l'entreprise, vous souhaitez offrir à votre collaborateur en difficulté des séances, n'hésitez pas à m'appeler ou m'envoyer un mail à carole.aubert.psy.coach@gmail.com.

 

 

Carole Aubert, Cabinet paramédical au 1er étage, 71 boulevard de Sébastopol, 75002 Paris